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Les coquelicots
Quand enfin apaisé, Le cimetière laissa monter des tombes muettes les coquelicots maudits .
Aux cieux fourmillant d’étoiles, la lune attendait !!
Que le canon achevant les moribonds cessa de gronder, Pour que la croix sur la poitrine des héros fût enfin déposée. .
Ces corps de vingt ans, fleuris de coquelicots qui soudain se figeaient en un crêpe de victoire défunte, Visages angéliques que la cause a condamnés en d’immondes secrets . …La mère s’agenouilla prés du bouquet de coquelicots, Ôtant les pétales flétris, qui jaillissaient aussitôt sous la lune indifférente.
Ou sont les violeurs de moisson Et les marchands de canons ? Ou sont les moissonneurs devenus coquelicots Et les poètes montant a l’échafaud ?
Toi mère a genoux , qui trouva dans ce champ de coquelicots le bouquet perdu, Toi qui imploras le soleil que la moisson couronna la saison. Toi qui convias ton Cherubin au sentier de forêts, de fougères et de châtaigniers. Toi qui vis le fruit de tes entrailles grandir rire et pleurer, Toi qui vois aujourd’hui déposer la croix du Héros, Sur la fleur déjà fanée . Ecoute la voix du bourreau qui t’appelle
Je vous en prie------Allez Mère
Sur la tombe de l’Epoux tombé à la dernière, Avant que le cimetière ne se déchaîne , Et que le blé n’enfante des coquelicots.
Soudain la terre trembla------ Dans un immense sanglot La Mère implora le pardon du bourreau
Qui en fît aussitôt--- Un bouquet de coquelicots
Lb
Fin des années 80
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